Les petites et moyennes entreprises pensent souvent qu’elles sont trop insignifiantes pour intéresser les cybercriminels. La réalité est tout autre — mais avec les bonnes mesures, votre PME n’a pas à être une cible facile.
Pourquoi les PME sont particulièrement visées
Les cybercriminels sont des opportunistes. Ils ne cherchent pas la plus grande entreprise, mais la cible la plus facile. Et les PME cochent souvent toutes les cases :
- Pas d’équipe dédiée à la sécurité informatique
- L’informatique est gérée « en parallèle » ou confiée à un prestataire généraliste
- Le budget sécurité est limité, voire inexistant
- L’idée que « ça ne nous concerne pas » reste largement répandue
Pourtant, les PME détiennent elles aussi des données précieuses : données clients, données financières, propriété intellectuelle, accès à des partenaires plus importants. Et depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle Loi sur la protection des données (LPD), une perte de données peut également entraîner des conséquences réglementaires.
Raison 1 : Créer de la visibilité — on ne peut pas protéger ce qu’on ne voit pas
La première étape consiste à savoir ce qui se passe dans votre réseau. De nombreuses PME n’ont pas une vue d’ensemble complète sur :
- Les systèmes accessibles depuis l’extérieur
- Les versions logicielles installées sur leurs serveurs
- Les services ouverts et potentiellement vulnérables
Un scan de vulnérabilités automatisé crée cette visibilité en quelques minutes. Pas une seule fois, mais de manière régulière — car votre infrastructure évolue en permanence.
Raison 2 : L’automatisation plutôt que la main-d’œuvre
Vous n’avez pas besoin d’une équipe sécurité de dix personnes. Les plateformes modernes de gestion des vulnérabilités automatisent ce qui était autrefois manuel et coûteux :
- Scans automatiques des vulnérabilités connues (CVE)
- Priorisation selon le risque réel, pas uniquement le score CVSS
- Rapports compréhensibles avec des recommandations concrètes
- Suivi des tendances pour mesurer l’évolution de votre posture de sécurité
Ce qu’un analyste sécurité réalise manuellement en plusieurs jours, un scanner moderne l’accomplit en quelques heures — et ce de manière régulière, sans que personne n’ait à y penser.
Raison 3 : Prioriser les correctifs plutôt que tout faire d’un coup
L’erreur la plus fréquente en matière de patching : vouloir tout faire en même temps, et finalement ne rien faire du tout. La meilleure approche :
- Vulnérabilités critiques sur les systèmes exposés à Internet — immédiatement
- Vulnérabilités élevées sur les systèmes internes — dans la semaine
- Findings moyens et faibles — lors de la prochaine fenêtre de maintenance
Un bon scanner de vulnérabilités fournit exactement cette priorisation et vous indique quels 5 findings sur 100 méritent votre attention en premier.
Raison 4 : La conformité n’est plus un luxe
Depuis le 1er septembre 2023, la nouvelle Loi fédérale sur la protection des données (LPD) est en vigueur. Ce que beaucoup ignorent :
- Les violations de données doivent être signalées au PFPDT
- Les entreprises doivent prouver qu’elles ont pris des mesures techniques appropriées
- Des amendes allant jusqu’à CHF 250’000 sont possibles — et elles visent les personnes physiques, pas l’entreprise
Un scan de vulnérabilités régulier est l’une des mesures les plus simples pour démontrer que vous prenez votre devoir de diligence au sérieux. Des rapports de scan documentés prouvent que vous vérifiez activement, que vous priorisez et que vous corrigez.
Raison 5 : Le coût d’une attaque vs. le coût de la prévention
Une attaque par ransomware coûte en moyenne à une PME suisse :
- CHF 100’000 à 500’000 en coûts directs (interruption d’activité, restauration, éventuellement rançon)
- Des semaines de fonctionnement réduit
- Un dommage réputationnel difficile à chiffrer
- Des conséquences réglementaires si des données clients sont concernées
En comparaison, le coût d’une gestion régulière des vulnérabilités : CHF 100 à 500 par mois. C’est moins que ce que la plupart des entreprises dépensent en café.
Le calcul est simple : la prévention coûte toujours moins cher que la réaction.
Conclusion : cinq étapes que vous pouvez mettre en œuvre dès aujourd’hui
- Dresser un inventaire : Quels systèmes possédez-vous ? Lesquels sont accessibles depuis l’extérieur ?
- Effectuer un premier scan : Voyez ce qu’un attaquant voit
- Réaliser les quick wins : Mots de passe par défaut, services inutiles, correctifs manquants
- Instaurer la régularité : Automatiser des scans hebdomadaires ou mensuels
- Documenter : Conserver les rapports de scan comme preuve de conformité
La cybersécurité n’est pas un projet avec une date de fin. C’est un processus. Mais le premier pas est plus simple que vous ne le pensez.